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Entre les branches

La transformation du bois

Pendant la première moitié du XIXe siècle, les moulins à scie établis dans l’Est canadien sont alimentés à l’énergie hydraulique et fonctionnent à l’aide d’une seule lame à va-et-vient et d’un chariot. Ils fournissent les billes coupées en planches aux habitants des régions et des villages avoisinants. Durant la dernière partie du XIXe siècle, la vapeur devient la principale source d’énergie, puis au cours des trois premières décennies du XXe siècle, l’avènement de l’électricité de même que le raffinement des techniques de coupe du bois et la demande croissante du marché américain pour le bois d’œuvre comptent parmi les facteurs qui favorisent la prolifération des scieries dans l’ensemble du Canada. Maintenant établies à proximité des zones boisées, les scieries sont installées progressivement dans de vastes édifices bénéficiant de l’électrification. Elles stimulent la croissance et la performance de pièces d’équipement – scies circulaires, scies à ruban, chariots, machines à déligner et à équarrir – qui, tout en régularisant les coupes, intensifient la productivité et améliorent la production.

Machine à déligner Trottier
Machine à déligner Trottier, vers 1940 (Collection privée)
La Fonderie Trottier de Saint-Casimir, au Québec, compte parmi les petites entreprises rurales qui, entre les années 1860 et la fin des années 1950, se spécialisent dans la production – et parfois dans l’invention – de machinerie pour les moulins à scie de la région.

Aujourd’hui, l’informatisation des opérations des scieries permet d’uniformiser la production et d’éviter les pertes en attribuant au bois divers traitements, choisis selon l’application prévue. Par exemple, le bois d’œuvre est utilisé surtout comme matériau de construction alors que les résidus de sciage sont destinés à l’industrie de la pulpe.

Au XXe siècle surtout, de vastes moulins de pulpe parsèment le paysage de la Colombie-Britannique. Le moulin édifié à Mesachie Lake en 1942 par Carlton Stone, propriétaire de la Hillcrest Lumber Company, compte 400 employés. Sa cheminée en acier, érigée en une seule pièce, mesure 47 mètres (154 pieds) de haut. En 1968, l’épuisement des provisions de bois occasionne la fermeture du moulin et la vente de la machinerie.

Peinture de E. J. Hughes
Dans son œuvre The Mill at Mesachie Lake, B.C., le peintre E. J. Hughes (1913-2007) évoque, par les formes, couleurs et perspectives obliques, le mouvement de flottage des billes et le bruit des machines du moulin. (Collection privée)

L’industrie de la pulpe

Au Canada, c’est au tournant du XXe siècle que s’implante l’industrie des pâtes et papiers, grâce à l’abondance des forêts et de l’énergie hydroélectrique, à l’expansion des routes et moyens de transport ainsi qu’à la demande croissante de papier journal. Le procédé de transformation du bois en pulpe consiste à extraire une masse fibreuse dérivée de matières végétales – par exemple épinettes, pins, sapins – suivant un traitement mécanique ou chimique.

Début de la séparation mécanique
Début de la séparation mécanique à la Gaspesia Paper Mill, à Chandler, au Québec, février 1970 (MSTC/CN, CN007255)
Le procédé mécanique de fabrication de la pâte repose sur l’écorçage du bois qui ensuite est broyé au moyen d’un défibreur, puis trempé dans l’eau pour faciliter l’extraction de la pulpe. Il est aussi possible d’utiliser la vapeur à haute pression et à température élevée pour produire de la pulpe thermomécanique ou encore de procéder à un traitement chimique pour séparer les fibres de cellulose. Dans le procédé mécanique, les fibres retiennent un plus haut pourcentage du bois original alors que l’écorce sert de combustible dans la préparation du papier.


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