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La draisienne

L'histoire de la bicyclette commence par la draisienne, la première machine à deux roues orientable et propulsée par la force humaine qui ait connu le succès commercial. Cette machine a été brevetée en 1817 au nom d'un baron allemand, Karl von Drais, et fut d'abord produite en France, où elle fut très populaire chez les gens à la mode de la classe moyenne. Peu après, le concept fut retenu par des fabricants britanniques, notamment Denis Johnson de Londres. Celui-ci fit preuve d'une grande habileté commerciale en créant une école de conduite où les clients potentiels allaient apprendre à conduire la nouvelle machine. Au printemps et à l'été 1819, la draisienne était très en vogue parmi la belle société de Londres.

lithographie
Lithographie de Denis Johnson conduisant une draisienne, 1819. Cette illustration d'époque montre de quelle façon le conducteur propulsait la machine, prenant appui sur le sol avec ses talons. (MSTC)

La draisienne de Johnson était une version plus raffinée de la machine de von Drais et a inspiré le hobby horse figurant dans l'exposition (810202*). Cette machine a été construite vers 1819 et a d'abord appartenu au duc d'Argyll (le nom du fabricant est inconnu). Elle a finalement été acquise par le collectionneur de bicyclettes canadien Lorne Shields, qui en a fait don au Musée. Comme toutes les machines de ce genre, elle était propulsée par la poussée des pieds du conducteur sur le sol. Lorsqu'il était en mouvement, le conducteur pouvait avancer en roue libre, en particulier dans les pentes. La machine était munie d'une selle réglable et d'une direction à pivot pour orienter la roue avant. Une planchette, située juste derrière la roue avant, servait de support d'appoint pour pousser et diriger la draisienne. Pour arrêter, le conducteur freinait avec les pieds.

Après la vogue de 1818 et 1819, l'intérêt pour la draisienne semble s'être éteint aussi vite qu'il était né. Une fois la nouveauté passée, la machine serait tombée dans une obscurité relative. Il est très rarement fait mention de la draisienne dans les sources françaises et anglaises après 1820, même si de ces machines auraient été fabriquées et vendues en Europe centrale dans les années 1830. Quoi qu'il en soit, la draisienne a constitué le point de départ d'autres innovations.

*Les numéros entre parenthèses sont les numéros d'acquisition des objets de la collection du Musée.