Accueil
Plan du site | English | Pour nous contacter




Un luminaire esthétique et fonctionnel

Plusieurs villes canadiennes adoptent, au début du XXe siècle, des porte-lanternes et des réverbères fonctionnels dont la conception est inspirée par les courants esthétiques en vogue.

Décorant les rues de Sarnia, en Ontario, vers 1918, ce luminaire en fonte et en porcelaine (fig. 13) dénote une influence City Beautiful Movement, mis de l'avant lors de l'exposition universelle de Chicago, en 1893.


Fig. 13 Luminaire décoratif fabriqué par la Powerlite Devices Limited, Toronto, vers 1918. (921676.1 ; 921676.2 ; 921676.3)

En usage à Hamilton vers 1910, ce réverbère (fig. 14) représente une innovation avec son poteau de métal pressé, plus léger que la fonte. Il comporte des éléments décoratifs — pieds, globes et leur support — qui l'apparentent à une colonne grecque.


Fig. 14 Réverbère en acier pressé de modèle Luxolabra fabriqué par Adams Bagnall, vers 1910.

Dès leur apparition dans les rues de Toronto, les réverbères à cinq globes recouvrant des lampes à incandescence suscitent l'intérêt de la population. Comme le rapporte le Toronto Evening Telegram en 1910 : « Chacun des globes a une puissance égale à une seule lampe à arc. La rue était si claire qu'une personne pouvait lire le journal tout le long de la rue. C'est le meilleur système que j'aie jamais connu, dit un citoyen. J'ai laissé tomber par terre un billet de tram et des pièces de monnaie, et je n'ai eu aucun problème à les retrouver. Ces lumières sont splendides ; les femmes ne doivent plus avoir peur de se balader le long d'une rue si bien éclairée. »

Il faut maintenir la fascination exercée par les premiers lampadaires de rue grâce à un entretien régulier dispensé par l'allumeur de réverbères... à l'électricité. Illustrant la réalité des années 1920, cette photo (fig. 15) montre une combinaison intéressante entre l'énergie électrique, humaine et animale. Aujourd'hui, les allumeurs de réverbères sont remplacés par les camions-nacelles des compagnies d'électricité.


Fig. 15 Préposé à l'entretien d'un réverbère, vers 1920. (Archives historiques, Hydro-Québec, F6/Gatineau Power Company)

L'illumination des monuments, des places publiques, des édifices et des gratte-ciel continue encore aujourd'hui d'embellir et d'animer les villes la nuit. Pensons à l'émerveillement suscité par la splendeur des lumières garnissant les sapins de Noël et des fêtes de rues pendant le carnaval par exemple.

Fig. 16 C'est aussi le symbole du pouvoir que met en évidence l'illumination du complexe parlementaire de Queen's Park, Toronto, en 1922. (Toronto Harbour Commission Archives/PC 1/1/6631)

Fig. 17 L'éclairage de la façade du West Kootenay Power & Light building, à Rossland, en Colombie-Britannique, sert à des fins publicitaires en annonçant les produits fabriqués et distribués par cette compagnie au début du siècle. (Rossland Museum)

Fig. 18 La tour lumineuse de cette grande entreprise de Toronto présente, dans un cadre esthétique, les prévisions météorologiques : la lumière verte indique une journée dégagée ; la rouge, des nuages ; la rouge clignotante, de la pluie ; la blanche, de la neige. (Canada Life, 1996)

Avec l'augmentation de la circulation automobile, on installe de plus en plus de lampes à incandescence (fig. 19) à l'extérieur des grandes artères urbaines et sur les routes secondaires où elles contribuent à réduire les accidents.


Fig. 19 Luminaire à incandescence pour la grande route, fabriqué par la Canadian General Electric Co., vers 1920. Utilisé à Port Arthur, Ontario, ce type de luminaire, de modèle Novalux, que l'on retrouve aussi à Sault-Ste-Marie vers 1930, permet de diriger la lumière directement vers la route et non vers les champs environnants. (921635)

De la même façon, ce réflecteur en métal recouvert de porcelaine émaillée (fig. 20) sert de support à une lampe à incandescence. La plupart des villes canadiennes et les petites localités continueront de l'utiliser jusqu'à environ 1960 ; sa forme circulaire comparable à un « tutu » assure une distribution plus efficace du faisceau lumineux.


Fig. 20 Réflecteur radial fabriqué par la Canadian Line Materials, Toronto, vers 1935. (921665)