De grands innovateurs

De grands innovateurs : Dr Frank Plummer Parti 2

Narrateur :

Veuillez accueillir Dr Frank Plummer, chercheur de renom dans le domaine du VIH et ancien directeur du Laboratoire national de microbiologie du Canada. Nous lui avons demandé de nous parler de ses débuts en tant que chercheur, de comment il en est arrivé à devenir un expert en matière de SIDA et du moment où il est devenu directeur du laboratoire.

Dr Plummer :

Il faut remonter à 1984, lorsque je me suis rendu au Kenya en tant que membre du corps enseignant de l'Université du Manitoba et que j'ai mis en place notre projet de recherche là-bas. Notre travail était axé sur les maladies transmises sexuellement.

Je voulais tenter d'examiner l'immunité aux maladies comme la gonorrhée. Selon moi, la meilleure façon d'y arriver était d'étudier les personnes qui sont fréquemment exposées à cette maladie et qui l'attrapent souvent, soit les travailleuses du sexe.

Lorsqu'est venu le temps de tester ces femmes pour le VIH, nous avons découvert que les deux tiers étaient infectées par le virus. La stupéfaction a été totale!

Nous ignorions que le SIDA était présent au Kenya. Cette découverte a vraiment réorienté nos démarches, lesquelles se sont rapidement transformées en projet de recherche sur le VIH plutôt que sur la gonorrhée, bien que nous ayons tout de même poursuivi ce travail.

Voilà comment j'ai commencé mon travail sur le VIH. Notre projet a débuté au bon endroit au bon moment. Je dis souvent que le SIDA m'est en quelque sorte tombé dessus.

Donc, lorsque j'ai pris la relève du Laboratoire national de microbiologie, mon objectif visait à approfondir la vision qui a inspiré les gens qui l'ont bâti, soit d'être les meilleurs au monde et d'attirer les meilleurs de partout dans le monde.

Les attentes étaient toujours très élevées. Je n'étais pas le seul à les établir, les fondateurs du laboratoire avaient également eu des attentes très élevées. Puis, il y a l'environnement de travail, que je crois avoir aidé à créer. Le laboratoire étant reconnu mondialement, les gens arrivaient avec la notion de pouvoir travailler dans les meilleures installations au monde. Le moral aussi est extrêmement bon pour cette raison et à cause de l'environnement.

Nous avons reçu beaucoup d'appui du gouvernement du Canada par la Fondation canadienne pour l'innovation et les Instituts de recherche en santé du Canada, ainsi que d'autres organismes. Nous avons eu la chance d'obtenir le prix Grand Challenges Projects de Gates il y a quelques années, ce qui nous a permis de réaliser beaucoup de travaux.

J'aimerais raconter une histoire à propos du renforcement des capacités en bio-informatique.

Je ne savais pas trop ce qu'était la bio-informatique et mes connaissances sur le sujet sont encore très limitées.

Toutefois, j'étais conscient qu'il y avait un besoin pour une expertise en bio-informatique au laboratoire. J'ai donc engagé un jeune bio-informaticien de l'Université de l'Alberta. J'étais content qu'il s'ajoute à notre équipe et j'essayais de le soutenir (comme je le pouvais). À l'occasion, lorsque je le croisais dans le couloir, je le saluais et lui demandais si tout allait bien.

Je ne suivais cependant pas son travail de très près.
Quelques années plus tard, alors qu'il donnait une présentation à la réunion scientifique annuelle du service de santé publique du Canada, il a montré des diapositives d'un super ordinateur qu'il avait essentiellement construit dans le sous-sol.

Même le CDC des États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention) lui envoyait des renseignements génomiques à être analysés, car ils ne pouvaient le faire eux-mêmes.

J'imagine donc que ce que j'ai tenté de faire en tant que directeur du laboratoire était de laisser les gens faire leur travail librement. J'ai aussi essayé d'intervenir en leur nom et d'obtenir les fonds dont ils avaient besoin pour bien faire leur travail. Et ça a fonctionné!

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