Récits
Les inventeurs s’en vont en guerre

Scene description: Mamie est par terre avec les deux enfants, devant un modèle réduit. Papy est assis dans son fauteuil.

Papy : Brrr… ça refroidit là-dedans ! Je vais chercher quelques bûches dans la remise.

Mamie : Bonne idée. On ne peut pas monter un modèle réduit les mains gelées !

(Papy sort de la pièce)

Claire (lève les yeux vers le foyer et remarque la photo) : Mamie, c’est qui, sur la photo ?


Bureaux de Canadian Aeroplanes
(MAvC 1667)

Mamie : C’est ma tante Louise, toute pimpante dans son uniforme. Elle a appris à piloter vers la fin des années 1930, avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais elle n’a pas volé durant la guerre – l’Aviation royale du Canada, ou ARC, n’employait pas de pilotes féminins à cette époque. Louise s’est plutôt jointe au Service féminin de l’ARC et a passé la majeure partie de la guerre à des travaux auxiliaires. Elle nous racontait des anecdotes extraordinaires. En fait, c’est elle qui m’a inspirée pour que je devienne pilote !

Claire : C’est vrai ? Je parie qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes pilotes, dans ce temps-là.

Mamie : Il n’y en avait presque pas. Même s’il n’est pas rare, de nos jours, de voir des femmes aux commandes d’appareils commerciaux ou militaires, à l’époque de la Première Guerre mondiale – et même de la Deuxième – très peu de pays permettaient à des femmes d’entrer dans l’armée de l’air.



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Pendant la Première Guerre mondiale, une femme qui s’intéressait aux avions ne pouvait faire mieux que de travailler à la Canadian Aeroplanes, cette compagnie qui fabriquait, entre autres, le Curtiss JN-4 d’entraînement.


Ouvrière à l'usine Canadian Aeroplanes
(MAvC 1581)

Claire : C’était plutôt injuste, non ?


Femmes au travail dans l'atelier d'entoilage de l'usine Canadian Aeroplanes, 1918
(MAvC 77)

Mamie : Tu as raison. Mais attends un peu : savais-tu que pendant la Deuxième Guerre mondiale, une ingénieure en aéronautique canadienne nommée Elsie MacGill a conçu des avions tels que le Maple Leaf II d’entraînement !



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Marc : Ouaouh ! Des femmes inventaient des avions ?

Mamie : Tout à fait, ! Les femmes appartiennent tout autant que les hommes à l’histoire de l’aviation !


Elsie MacGill, ingénieure en chef de la Canadian Car and Foundry
(MAvC 16035)

Elsie MacGill a même dirigé dans la ville qu’on appelle maintenant Thunder Bay, en Ontario, la production du Hawker Hurricane, le célèbre avion de chasse de la Deuxième Guerre mondiale.

Claire : Et c’était une Canadienne (avec fierté).

Mamie : Durant les deux guerres mondiales, on a fabriqué au Canada un nombre incroyable d’avions – on n’en a jamais construit autant, ni avant ni après, en aussi peu de temps. Cela a nécessité chaque fois la collaboration de milliers d’hommes et de femmes.


Hurricanes
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Premier Hawker Hurricane construit au Canada à Fort William (Ontario)
(MAvC 4198)

Marc : Est-ce qu’ils ont fabriqué beaucoup de nouveaux types d’avions ?


Assemblage d'une aile de Hawker Hurricane
(MAvC 4202)

Mamie : Oui: la technologie a fait des pas de géant durant les deux guerres mondiales. Ingénieurs et constructeurs cherchaient constamment à améliorer leurs avions; des milliers de vies dépendaient de leur réussite. Les avions d’aujourd’hui existent grâce au dévouement d’un grand nombre d’hommes et de femmes.


Foule autour du premier Hawker Hurricane construit au Canada
(MAvC 17359)

Claire : C’était quand, la Première Guerre mondiale ? J’ai oublié...

Mamie : Elle a commencé en 1914, à peine cinq ans après le premier vol d’un avion au Canada ! Ce fut la première guerre au cours de laquelle on utilisa massivement les avions.


Membres de la RAF près d'un Royal Aircraft Factory B.E.2e
(MAvC 24193)

Marc : Mais si les avions existaient depuis si peu de temps, comment pouvaient-ils être utiles au combat ? Les avions que Papy nous a montrés n’avaient pas l’air de pouvoir voler bien loin.


Inspection d'un Royal Aircraft Factory B.E.2e
(MAvC 1391)

Poste de pilotage ouvert d'un Royal Aircraft Factory B.E.2e
(MAvC 16196)

Mamie : On a d’abord utilisé les avions pour espionner en territoire ennemi. Avant l’invention de l’avion, on utilisait des ballons. Mais il fallait pour ça de gros effectifs : comme le ballon demeurait retenu au sol par de longs câbles, il fallait l’amener à l’endroit d’observation. Tandis qu’un avion, une fois en vol, peut aller là où on a besoin de lui. Les avions sont vite devenus « les yeux de l’armée ». Ils permettaient aux chefs militaires de connaître les intentions de l’ennemi et de placer leurs troupes en conséquence.


Over the Lines
2002-0177-001

Claire : Le Canada était-il alors le seul pays à posséder des avions ?

Mamie : Malheureusement non ! Pendant la Première Guerre mondiale, le Canada était allié à la Grande Bretagne, à la France, à la Russie et aux États-Unis.

Nos ennemis – qui étaient alors l’Allemagne, l’Autriche et la Turquie – possédaient aussi des avions. Nous espionnions leurs troupes et ils en faisaient autant !


Albatros C.III en vol
(MAvC 8116)

Cet équilibre a bientôt amené, dans les deux camps, les pilotes et leurs observateurs à utiliser des armes à feu dans les airs. Le pilote dirigeait l’appareil et l’observateur tirait sur l’ennemi ou larguait de petites bombes.


Rangée de biplans Albatros D.III
(MAvC 33014)

On a ensuite monté des mitrailleuses à l’avant des avions, de sorte que le pilote pouvait à la fois piloter et tirer. Avez-vous entendu parler de Snoopy et du Baron rouge ? Eh bien, les avions de ces bandes dessinées sont à l’image de ces premiers avions de chasse. L’affrontement des avions des deux camps en vue d’acquérir la maîtrise du ciel a donné naissance à un tout nouveau genre de combat.


Mel Alexander's Sopwith Triplane "Black Prince"
1967-0896-001

Marc : Tout ça semble plutôt dangereux !!

Mamie : Et ça l’était ! À mesure qu’évoluaient les avions, les tactiques de combat changeaient aussi. Dans les deux camps, on mettait au point des tactiques et des stratégies aériennes. Les pilotes apprenaient le tir rapproché, le travail d’équipe et les techniques de positionnement qui leur procuraient un avantage sur l’ennemi.


Curtiss JN-4 (Can.)
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Trois Curtiss JN-4 « Canuck » en formation
(MAvC 2922)

Marc : « Travail d’équipe », je comprends ça; notre instructeur de hockey ne cesse de répéter que « l’union fait la force », mais que veut dire « positionnement » ?


Cours à l'École d'aéronautique RFC/RAF de l'Université de Toronto
(MAvC 18430)

Mamie : Veux-tu dire que ton instructeur ne te parle pas de positionnement, ? (rires). Quand tu joues en défense, tu occupes une position. C’est la même idée : sur la glace ou dans les airs, tu dois savoir où tu dois être. La vie du pilote de chasse et de ses ailiers en dépend.

Plus on est nombreux, moins on est vulnérable – pense aux animaux qui se groupent en meute. De la même manière, les pilotes ont commencé à voler en formations composées de plus en plus d’avions afin d’assurer leur protection. Quel spectacle ce devait être !


Militaires posant devant une rangée de Sopwith Triplane
(MAvC 6752)

Les pilotes qui réussissaient le mieux, ceux qui abattaient le plus d’appareils ennemis, étaient appelés « les As de l’air » et certains des plus célèbres furent des Canadiens ! Des pilotes comme Billy Bishop, William Barker et Raymond Collishaw avaient des noms connus de leurs compatriotes partout au pays et se sont mérités plusieurs décorations. Bishop et Barker ont reçu tous deux la Croix Victoria pour leur bravoure et leur habileté.


Billy Bishop et W.G. Barker
(MAvC 8069)

Raymond Collishaw aux commandes d'un Sopwith Triplane
(MAvC 19781)


Billy Bishop à bord de son Nieuport 17
(MAvC 11555)

À la fin de la guerre, en 1918, avions et méthodes d’entraînement étaient devenus pas mal sophistiqués… pour l’époque ! (rires). L’aviation de la Première Guerre mondiale a laissé une empreinte indélébile dans l’esprit des gens. Des garçons comme toi, , dévoraient livres et magazines d’aviation et rêvaient de piloter un jour.



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Claire : n’est pas le seul passionné d’avions dans la famille; nous possédons tous les deux plein de livres sur le vol. Pendant la Première Guerre mondiale, tous les avions étaient-ils des avions de chasse ?


Avro 504Ks at Camp Borden
1967-0895-001

Mamie : Dans une guerre, vois-tu, les aéronefs sont conçus selon les missions qu’on leur assigne. C’est ainsi que l’on utilisait habituellement des hydravions à coque pour patrouiller l’océan en vue de détecter les sous-marins, les avions et les dirigeables ennemis.


Attack on Zeppelin L.22
1990-0469-001

Hydravions à coque FBA à Lee-On-Solent (Angleterre)
(MAvC 2882)

Les hydravions offrent l’avantage de pouvoir se poser sur l’eau, c’est-à-dire d’amerrir. Ces appareils servaient à la protection des navires hands qui transportaient outremer les soldats et le matériel, et aux opérations de recherche et sauvetage en mer.

Claire : Concevoir des avions pour une tâche précise était donc une chose importante, non ?


Cours à l'École d'aéronautique RFC/RAF de l'Université de Toronto
(MAvC 18428)

Mamie : Tout à fait, et les ingénieurs s’affairaient à concevoir et améliorer les appareils : l’évolution a été très rapide pendant la guerre. Puis, entre les deux guerres, des universités ont commencé à enseigner l’aérodynamique dans des facultés de génie. C’est ainsi qu’a vu le jour un tout nouveau champ de connaissances : le génie aéronautique. Elsie MacGill a été la première femme du Canada à recevoir un diplôme en génie aéronautique !


Elsie MacGill, ingénieure en chef de la Canadian Car and Foundry
(MAvC 32529)

Claire : Ça, c’est « cool » !

Mamie : À la fin de la Première Guerre mondiale, vois-tu, les moteurs d’avion étaient cinq fois plus puissants qu’au début de la guerre. Et ils étaient beaucoup plus fiables. Les avions pouvaient aller plus loin et plus vite qu’avant ! Au décollage, les pilotes se sentaient en confiance : l’appareil tiendrait le coup ! De plus, ces moteurs améliorés permettaient de transporter de plus lourdes charges, ce qui fut fort utile au transport de handises une fois la guerre terminée.


Soldats de la RAF près d'un Royal Aircraft Factory B.E.2c
(MAvC 11249)


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Marc : Hé, cela fait un sacré changement ! Les gens ont dû travailler fort.

Mamie : Sans aucun doute. Savants et ingénieurs mettaient aussi au point d’autres sortes de technologies. Saviez-vous que pendant la Première Guerre mondiale, il n’existait pas de communications radio bilatérales entre avions et troupes terrestres ?



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Marc : Alors que maintenant, je peux vous appeler à l’aide du Flitefone dans l’avion de ligne qui nous amène chez vous.

Mamie : Oui, ça c’est du luxe, mais les radiocommunications servent principalement au pilote à communiquer avec la tour de contrôle afin d’atterrir en toute sécurité !

Claire : Comment les pilotes parvenaient-ils à retrouver leur base pendant la guerre au retour d’une mission ?


Curtiss JN-4 « Canuck » en vol
(MAvC 32311)

Mamie : Pendant la Première Guerre, la plupart des pilotes devaient utiliser, pour ne pas se perdre, des repères terrestres, comme des rivières ou des voies ferrées. Les aides à la navigation aérienne, y compris le radioguidage, ne se sont généralisés qu’à la fin des années 1930 et surtout pendant la Deuxième Guerre mondiale. Chose curieuse, le radar, aujourd’hui utilisé sur la plupart des appareils commerciaux et militaires, a d’abord été créé pour détecter avions et navires ennemis. Les militaires ont réalisé qu’on pouvait l’utiliser à bord d’appareils tels que le bombardier Lancaster pour naviguer de nuit ou dans de mauvaises conditions météo.


Curtiss JN-4 « Canuck » de la 84ème Escadrille en vol (Deseronto)
(MAvC 11060)

Avro Lancaster X participant à une célébration en mémoire de la Bataille d'Angleterre
(MAvC 27965)

Claire : C’était plutôt important, non ? Je n’aurais pas voulu être dans les airs sans savoir où je suis ni si quelqu’un va me tirer dessus ! Le radar a été une invention très utile !

Mamie : Sans aucun doute. Les premiers radars ont été mis en service un peu avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale en 1939. Ils sont importants à plus d’un titre, et notamment dans le domaine du contrôle de la circulation aérienne. Les radars d’aujourd’hui indiquent au pilote les formations nuageuses vers lesquelles ils se dirigent, ce qui permet d’éviter aux passagers d’être trop secoués au cours du vol ! (rires) Et tous les automobilistes savent, bien entendu, que les policiers utilisent le radar pour connaître leur vitesse.


Militaires au travail à bord d'un Consolidated Canso
(MAvC 8992)

Marc : Ouais. Papa n’aime pas bien ces radars !

Mamie : Ton grand-père non plus !

((tous rient – Papy revient avec le bois de chauffage)

Papy : J’entends qu’on parle de moi ? Et tout le monde rigole ?

Claire : (toujours rigolant) Allô Papy ! Mamie nous disait à quel point les avions ont changé depuis la Première Guerre mondiale.


Spitfires, 152 Squadron
2005-0059-019

Papy : Ah, mon sujet favori ! La technologie aérienne a tellement évolué à cette époque… même les moteurs ont changé. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nous possédions les premiers moteurs à réaction. Malheureusement, les Allemands les avaient aussi mis au point !

Mamie : C’est exact. L’avion à réaction allemand – le Messerschmitt 262 – pouvait atteindre de très hautes vitesses et causer beaucoup de dommage ! Le Spitfire anglais lui-même ne pouvait tout simplement pas rivaliser avec lui.


Last of the First
1992-2306-001

Papy : Mais pour nous, les Canadiens, les techniques de relevés aériens, perfectionnées durant la Première Guerre mondiale, comptent parmi les innovations les plus importantes. Grâce à la photo aérienne, les pilotes rapportaient les images de grandes étendues de terrain.

Claire : Je ne pensais pas que ces vieux avions pouvaient grimper assez haut pour photographier de si grands espaces.


Le capitaine J.O. Leach est aux commandes d'un Curtiss JN-4 « Canuck »
(MAvC 21332)

Papy : Pendant la Première Guerre, on ne pouvait prendre de photo qu’à une altitude d’environ 1 800 mètres. Certains avions pouvaient s’élever jusqu’à environ 5 500 mètres, mais les équipages ne pouvaient y parvenir à moins d’avoir des bonbonnes d’oxygène. À cette altitude, ils souffraient du froid et du manque d’oxygène, car plus on monte, plus le froid augmente et plus l’oxygène diminue.


Royal Aircraft Factory B.E.2c en vol
(MAvC 26570)

Le poste de pilotage de ces premiers appareils était ouvert, ce qui créait des conditions presque insupportables au-dessus d’une certaine altitude et par mauvais temps. Dès la Deuxième Guerre mondiale, les équipages disposaient heureusement de réservoirs d’oxygène, de combinaisons de vol chauffées et de postes de pilotage fermés. Ils pouvaient photographier l’ennemi et se faire une idée de la situation au sol depuis beaucoup plus haut.

Dans l’entre-deux-guerres, la photographie aérienne s’est avérée très utile au Canada, surtout dans le Nord du pays. Après 1945, des entreprises civiles ont transformé de nombreux appareils militaires, tel que le Mosquito, afin d’effectuer ce genre de travail aérien.


Thunder in the Arctic
1996-0737-001

Claire : Et tante Louise, Mamie ? Parle-moi encore d’elle.


Marion Orr, pilote de l'Air Transport Auxiliary
(MAvC 30956)

Mamie : Ah oui… Comme l’Aviation royale du Canada n’utilisait pas de pilotes féminins, Louise a tenté de se faire embaucher par le Air Transport Auxiliary britannique. Cet organisme civil, qui engageait des pilotes féminins, assurait le transport des avions entre les bases aériennes et des usines aux bases. Mais manque de chance, ses effectifs étaient complets. À cette époque, la situation des femmes était bien différente : elles pouvaient faire partie des forces armées, mais en n’y travaillant seulement que dans les coulisses.


Helen Harrison, instructeure de vol
(MAvC 6034)

Puisque Louise ne pouvait utiliser ses compétences de pilote, elle a choisi la meilleure solution possible : la maintenance. La guerre terminée, elle a fait partie du tout petit groupe de femmes qui étaient instructeurs de vol au Canada. C’est à cette époque que je l’ai mieux connue. Je n’étais alors qu’une petite fille, mais à la voir dans son avion et l’entendre parler de vol, j’ai eu envie de devenir pilote.



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Marc : Tante Louise n’a-t-elle pas enseigné le pilotage à l’oncle Alex ?


Rear Gunner, 1944-1945
2002-0176-001

Mamie : En effet, tu as raison. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, oncle Alex était mitrailleur de queue à bord d’un bombardier Lancaster. Il avait appris son métier dans une base de l’Ouest du Canada, alors qu’il participait au Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique – le PEACB. Il n’a appris à piloter qu’après la guerre et tante Louise a été un de ses instructeurs.

Marc : Mais si le programme était au Canada, pourquoi parle-t-on de Commonwealth ?

Mamie : Le Canada fait partie du Commonwealth britannique, comme beaucoup d’autres pays. Le Canada a été choisi pour le PEACB parce que notre pays était un endroit sûr, qui disposait de grands espaces et d’une industrie aéronautique en effervescence. Les participants au programme venaient d’aussi loin que l’Australie, la Nouvelle Zélande et la Grande Bretagne. On a construit dans l’ensemble du pays des douzaines de centres d’entraînement où l’on formait pilotes, navigateurs, observateurs aériens, bombardiers, mitrailleurs, opérateurs radio et mécaniciens navigants. Le Canada a ainsi entraîné une multitude d’aviateurs pendant la guerre.


Le pilote R.H. Calvin sur l'empennage d'un Avro Lancaster
(MAvC 22710)


19023



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Intérieur de la tourelle de queue d'un Avro Lancaster X
(MAvC 3730)

Marc : Donc… les gens apprenaient toutes sortes de métiers différents… je ne savais pas cela. Je comprends maintenant qu’il faut beaucoup de monde pour faire voler un avion.


Aircraft Repair Hangar
1990-0466-001

Mamie : Oui. Et, bien entendu, tous ces gens doivent travailler en équipe. Faire la guerre était un dur métier et le rôle de chacun était important. Le succès reposait sur la coopération.

Papy : Très juste. L’effort de guerre a beaucoup apporté à la société au niveau technique, mais a coûté très cher. Bien des vies ont été perdues, et la vie des survivants a été changée pour toujours…

Mais vous savez, la technologie aéronautique a continué d’évoluer après la Deuxième Guerre mondiale. La guerre était finie, mais les avions de guerre demeuraient nécessaires !

Marc : Les Forces canadiennes possèdent des avions pas mal “ cool ». Nous en avons vus quelques-uns au spectacle aérien.

Papy : Oh oui ! Les avions militaires d’aujourd’hui exécutent sensiblement les mêmes tâches qu’au cours des deux guerres mondiales, mais ils sont infiniment plus sophistiqués qu’autrefois. D’une part, ils sont munis d’ordinateurs et, d’autre part, ils sont faits de matériaux de haute technologie plutôt que de bois, de corde à piano et de toile comme en 14-18.


Tension, 1991
1996-0636-001

Plusieurs sont conçus pour aller vite; plus vite même que la vitesse du son ! D’autres sont conçus pour transporter des charges extrêmement lourdes. Bien entendu, toute cette haute technologie coûte très cher et apprendre à piloter ces avions n’est pas chose facile.


Le CF-18 du Musée de l'aviation du Canada survole le Musée, 2001
(MAvC 3597-4)

Claire : En tous cas, les avions des jeux vidéo auxquels nous jouons, et moi, semblent tous très complexes.

Papy : Je le crois volontiers. Je pense que je vais m’en tenir à mon Beaver; son niveau de sophistication technique me convient parfaitement !

Marc : J’aime bien manier les avions des jeux vidéo, mais j’aimerais bien que Mamie et toi vous nous enseigniez à piloter de vrais avions.

Mamie : Vous êtes tous deux presque assez vieux pour apprendre. Quand le temps sera venu, nous vous ferons signe.